Les saisons

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julie11
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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 18 avr. 2021 [15:32]

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Le lapin et le corbeau

Un corbeau sur un arbre perché
ne foutait rien de toute la journée.
Image
un lapin voyant ainsi le corbeau
l'interpelle et lui dit aussitôt :
moi aussi, comme toi, puis-je m'asseoir
et rien f...re du matin jusqu'au soir ?



Le corbeau lui répond de sa branche
bien sûr, ami à la queue blanche,

Blanc lapin s'assoit alors par terre,
et sous l'arbre reste assis à rien faire !
tant et si bien qu'un renard affamé, Image
voyant ainsi le lapin somnoler,
s'approchant du rongeur en silence,
d'une bouchée en fit sa pitance.

Moralité
Pour rester assis à rien b???ler,
mieux vaut être très haut placé !


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julie11
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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 25 avr. 2021 [11:27]

Image Image Au fond du parc qui se délabre,
Vieux, désert, mais encore charmant
Quand la lune, obscur candélabre,
S’allume en son écroulement,

Un moineau-franc, que rien ne gêne,
A son grenier, tout grand ouvert,
Au cinquième étage d’un chêne
Qu’avril vient de repeindre en vert.

Un saule pleureur se hasarde
À gémir sur le doux gazon,
À quelques pas de la mansarde
Où ricane ce polisson.

Ce saule ruisselant se penche ;
Un petit lac est à ses pieds,
Où tous ses rameaux, branche à branche,
Sont correctement copiés.

Tout en visitant sa coquine
Dans le nid par l’aube doré,
L’oiseau rit du saule, et taquine
Ce bon vieux lakiste éploré.

Il crie à toutes les oiselles
Qu’il voit dans les feuilles sautant :
—Venez donc voir, mesdemoiselles !
Ce saule a pleuré cet étang.

Il s’abat dans son tintamarre
Sur le lac qu’il ose insulter :
—Est-elle bête cette mare !
Elle ne sait que répéter.

Ô mare, tu n’es qu’une ornière.
Tu rabâches ton saule. Allons,
Change donc un peu de manière.
Ces vieux rameaux-là sont très longs.

Ta géorgique n’est pas drôle.
Sous prétexte qu’on est miroir,
Nous faire le matin un saule
Pour nous le refaire le soir !

C’est classique, cela m’assomme.
Je préférerais qu’on se tût.
Çà, ton bon saule est un bonhomme ;
Les saules sont de l’institut.

Je vois d’ici bâiller la truite.
Mare, c’est triste, et je t’en veux
D’être échevelée à la suite
D’un vieux qui n’a plus de cheveux.

Invente-nous donc quelque chose !
Calque, mais avec abandon.
Je suis fille, fais une rose,
Je suis âne, fais un chardon.

Aie une idée, un iris jaune,
Un bleu nénuphar triomphant !
Sapristi ! Il est temps qu’un faune
Fasse à ta naïade un enfant.—

Puis il s’adresse à la linotte :
—Vois-tu, ce saule, en ce beau lieu,
A pour état de prendre en note
Le diable à côté du bon Dieu.

De là son deuil. Il est possible
Que tout soit mal, ô ma catin ;
L’oiseau sert à l’homme de cible,
L’homme sert de cible au destin ;

Mais moi, j’aime mieux, sans envie,
Errer de bosquet en bosquet,
morbleu, que de passer ma vie
À remplir de pleurs un baquet !—

Le saule à la morne posture,
Noir comme le bois des gibets,
Se tait, et la mère nature
Sourit dans l’ombre aux quolibets

Que jette, à travers les vieux marbres,
Les quinconces, les buis, les eaux,
À cet Héraclite des arbres
Ce Démocrite des oiseaux.




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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 28 avr. 2021 [06:37]

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En forêt
On quitte la grand-route et l’on prend le sentier
Où flotte un bon parfum d’arôme forestier.

Dans le gazon taché du rose des bruyères,
Surgissent, çà et là, des ajoncs et des pierres.

Un tout petit ruisseau que verdit le cresson
Frôle l’herbe, en glissant, d’un rapide frisson.

Nul horizon. Le long de cette sente étroite
Une futaie à gauche, un haut taillis à droite,

Rien ne trouble la paix et le repos du lieu ;
Au-dessus, un ruban très mince de ciel bleu

Que traverse parfois, dérangé dans son gîte,
Un oiseau voletant, qui siffle dans sa fuite.

Puis c’est, plus loin, une clairière à l’abandon
Où noircissent encor des places à charbon ;

Des hêtres chevelus se dressent, en un groupe,
Des arbres épargnés à la dernière coupe ;

De grands troncs débités s’étagent en monceau ;
C’est tout auprès que prend sa source le ruisseau

Qui longe le sentier et traverse la route ;
Il sort d’un bassin rond qui filtre goutte à goutte,

Où tremble, reflété comme dans un miroir,
L’œil vacillant et clair de l’étoile du soir.


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 05 mai 2021 [20:53]

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L’hirondelle au printemps cherche les vieilles tours,

Débris où n’est plus l’homme, où la vie est toujours ;

La fauvette en avril cherche, ô ma bien-aimée,

La forêt sombre et fraîche et l’épaisse ramée,

La mousse, et, dans les nœuds des branches, les doux toits

Qu’en se superposant font les feuilles des bois.

Ainsi fait l’oiseau. Nous, nous cherchons, dans la ville,

Le coin désert, l’abri solitaire et tranquille,

Le seuil qui n’a pas d’yeux obliques et méchants,

La rue où les volets sont fermés ; dans les champs,

Nous cherchons le sentier du pâtre et du poëte ;

Dans les bois, la clairière inconnue et muette

Où le silence éteint les bruits lointains et sourds.

L’oiseau cache son nid, nous cachons nos amours.
V.H.


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 07 mai 2021 [21:20]

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Le grillon
Un pauvre petit grillon,
Caché dans l’herbe fleurie,
Regardait un papillon
Voltigeant dans la prairie.
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L’insecte ailé brillait des plus vives couleurs ;
L’azur, la pourpre et l’or éclataient sur ses ailes ;
Jeune, beau, petit-maitre, il court de fleurs en fleurs,
Prenant et quittant les plus belles.
Ah ! disait le grillon, que son sort et le mien
Sont différents ! Dame nature
Pour lui fit tout, et pour moi rien.
Je n’ai point de talent, encor moins de figure ;
Nul ne prend garde à moi, l’on m’ignore ici-bas :
Autant vaudrait n’exister pas.
Image
Comme il parlait, dans la prairie
Arrive une troupe d’enfants :
Aussitôt les voilà courants
Après ce papillon dont ils ont tous envie.
Chapeaux, mouchoirs, bonnets, servent à l’attraper ;
L’insecte vainement cherche à leur échapper,
Il devient bientôt leur conquête.
L’un le saisit par l’aile, un autre par le corps ;
Un troisième survient, et le prend par la tête :
Il ne fallait pas tant d’efforts
Image Pour déchirer la pauvre bête.

Oh ! oh ! dit le grillon, je ne suis plus fâché ;
Il en coûte trop cher pour briller dans le monde.
Combien je vais aimer ma retraite profonde !
Pour vivre heureux, vivons caché.


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