Les saisons

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julie11
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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 28 janv. 2021 [21:17]

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Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s'écœure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine !

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brebis47
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Re: Les saisons

Messagepar brebis47 » 29 janv. 2021 [19:32]

Merci pour ce joli poème de Paul Verlaine !
Un autre poème sur la pluie : Image
Jour de pluie

Rideau de pluie
Rideau de vie
Devant mes yeux
Et dans mon coeur

Souffle du vent
Souffle des ans
Sur mes cheveux
Et sur mes peurs

Gifle du froid
Gifle d'effroi
Sur mon sourire
Sur l'avenir

Rais de lumière
Rayon de fièvre
Chaud sur mes lèvres
Brûlant ma chair

Larmes de pluie
Larme de vie
Dessus ma peau
Dedans mes os

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julie11
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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 30 janv. 2021 [13:57]

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Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon cœur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un cœur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce cœur qui s'écœure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon cœur a tant de peine

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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 04 févr. 2021 [15:45]

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Février

Voici que Février revient, plein de promesses,
Çà et là quelques fleurs s’ouvrent hâtivement ;
Il peut encor neiger, mais le grand froid régresse
Et l’on perçoit déjà des jours l’allongement.

Le printemps apparaît, le rude hiver s’achève ;
Par les champs, par les prés, dévalent les ruisseaux,
Le vieil arbre bourgeonne et se gorge de sève,
Bientôt, dans sa ramée, nicheront les moineaux.

Un soleil radieux inonde la colline,
Au jardin tout prend vie, tout cherche à émouvoir,
Et je sens, sous mes pas, tandis que je chemine,
La terre qui frémit et palpite d’espoir.


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 07 févr. 2021 [16:06]

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Les heures sont des fleurs l’une après l’autre écloses
Dans l’éternel hymen de la nuit et du jour ;
Il faut donc les cueillir comme on cueille les roses
Et ne les donner qu’à l’amour.

Ainsi que de l’éclair, rien ne reste de l’heure,
Qu’au néant destructeur le temps vient de donner ;
Dans son rapide vol embrassez la meilleure,
Toujours celle qui va sonner.

Et retenez-la bien au gré de votre envie,
Comme le seul instant que votre âme rêva ;
Comme si le bonheur de la plus longue vie
Était dans l’heure qui s’en va.

Vous trouverez toujours, depuis l’heure première
Jusqu’à l’heure de nuit qui parle douze fois,
Les vignes, sur les monts, inondés de lumière,
Les myrtes à l’ombre des bois.

Aimez, buvez, le reste est plein de choses vaines ;
Le vin, ce sang nouveau, sur la lèvre versé,
Rajeunit l’autre sang qui vieillit dans vos veines
Et donne l’oubli du passé.

Que l’heure de l’amour d’une autre soit suivie,
Savourez le regard qui vient de la beauté ;
Être seul, c’est la mort ! Être deux, c’est la vie !
L’amour c’est l’immortalité !
G.N.


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 11 févr. 2021 [10:37]

:nl043: :nl045: :nl043: :nl045: :nl043: :nl045: :nl043: :nl045: :nl043:


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Chez Jeanne, la Jeanne
Son auberge est ouverte aux gens sans feu ni lieu
On pourrait l'appeler l'auberge du bon Dieu
S'il n'en existait déjà une
La dernière où l'on peut entrer
Sans frapper, sans montrer patte blanche

Chez Jeanne, la Jeanne
On est n'importe qui, on vient n'importe quand
Et, comme par miracle, par enchantement
On fait partie de la famille
Dans son cœur, en s'poussant un peu
Reste encore une petite place

La Jeanne, la Jeanne
Elle est pauvre et sa table est souvent mal servie
Mais le peu qu'on y trouve assouvit pour la vie
Par la façon qu'elle le donne
Son pain ressemble à du gâteau
Et son eau à du vin comme deux gouttes d'eau

La Jeanne, la Jeanne
On la paie quand on peut des prix mirobolants
Un *** sur son front ou sur ses cheveux blancs
Un semblant d'accord de guitare
L'adresse d'un chat échaudé
Ou d'un chien tout crotté comme pourboire

La Jeanne, la Jeanne
Dans ses roses et ses choux n'a pas trouvé d'enfant
Qu'on aime et qu'on défend contre les quatre vents
Et qu'on accroche à son corsage
Et qu'on arrose avec son lait
D'autres qu'elle en serait toutes chagrines

Mais Jeanne, la Jeanne
Ne s'en soucie pas plus que de colin-tampon
Être mère de trois poulpiquets, à quoi bon
Quand elle est mère universelle
Quand tous les enfants de la terre
De la mer et du ciel sont à elle
G.B.

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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 16 févr. 2021 [15:48]

Image Image Image Mardi gras ! :h16: :h22: :h23: :h27:

Carnaval

Venise pour le bal s’habille.
De paillettes tout étoilé,
Scintille, fourmille et babille
Le carnaval bariolé.



Arlequin, nègre par son masque,
Serpent par ses mille couleurs,
Rosse d’une note fantasque
Cassandre son souffre-douleurs.

Battant de l’aile avec sa manche
Comme un pingouin sur un écueil,
Le blanc Pierrot, par une blanche,
Passe la tête et cligne l’oeil.

Le Docteur bolonais rabâche
Avec la basse aux sons traînés;
Polichinelle, qui se fâche,
Se trouve une croche pour nez.

Heurtant Trivelin qui se mouche
Avec un trille extravagant,
À Colombine Scaramouche
Rend son éventail ou son gant.

Sur une cadence se glisse
Un domino ne laissant voir
Qu’un malin regard en coulisse
Aux paupières de satin noir.



Ah ! fine barbe de dentelle,
Que fait voler un souffle pur,
Cet arpège m’a dit : C’est elle !
Malgré tes réseaux, j’en suis sûr,

Et j’ai reconnu, rose et fraîche,
Sous l’affreux profil de carton,
Sa lèvre au fin duvet de pêche,
Et la mouche de son menton.


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 20 févr. 2021 [13:34]

:rose: :anem: :souci: :rose: :anem: :souci: :rose: :anem: :souci:
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À Aurore

La nature est tout ce qu’on voit,
Tout ce qu’on veut, tout ce qu’on aime.
Tout ce qu’on sait, tout ce qu’on croit,
Tout ce que l’on sent en soi-même.

Elle est belle pour qui la voit,
Elle est bonne à celui qui l’aime,
Elle est juste quand on y croit
Et qu’on la respecte en soi-même.

Regarde le ciel, il te voit,
Embrasse la terre, elle t’aime.
La vérité c’est ce qu’on croit
En la nature c’est toi-même.

George Sand

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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 24 févr. 2021 [09:43]

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La mansar

Sur les tuiles où se hasarde
Le chat guettant l'oiseau qui boit,
De mon balcon une mansarde
Entre deux tuyaux s'aperçoit.

Pour la parer d'un faux bien-être,
Si je mentais comme un auteur,
Je pourrais faire à sa fenêtre
Un cadre de pois de senteur,

Et vous y montrer Rigolette
Riant à son petit miroir,
Dont le tain rayé ne reflète
Que la moitié de son oeil noir ;

Ou, la robe encor sans agrafe,
Gorge et cheveux au vent, Margot
Arrosant avec sa carafe
Son jardin planté dans un pot ;

Ou bien quelque jeune poète
Qui scande ses vers sibyllins,
En contemplant la silhouette
De Montmartre et de ses moulins.

Par malheur, ma mansarde est vraie ;
Il n'y grimpe aucun liseron,
Et la vitre y fait voir sa taie,
Sous l'ais verdi d'un vieux chevron.

Pour la grisette et pour l'artiste,
Pour le veuf et pour le garçon,
Une mansarde est toujours triste :
Le grenier n'est beau qu'en chanson.

Jadis, sous le comble dont l'angle
Penchait les fronts pour le ***,
L'amour, content d'un lit de sangle,
Avec Suzon venait causer.

Mais pour ouater notre joie,
Il faut des murs capitonnés,
Des flots de dentelle et de soie,
Des lits par Monbro festonnés.

Un soir, n'étant pas revenue,
Margot s'attarde au mont Breda,
Et Rigolette entretenue
N'arrose plus son réséda.

Voilà longtemps que le poète,
Las de prendre la rime au vol,
S'est fait reporter de gazette,
Quittant le ciel pour l'entresol.

Et l'on ne voit contre la vitre
Qu'une vieille au maigre profil,
Devant Minet, qu'elle chapitre,
Tirant sans cesse un bout de fil.

T.G.
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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 01 mars 2021 [12:51]

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Printemps.

Des cimes enneigées, aux rivages joyeux,
Il y a des journées qui paraissent plus belles
Cela tient, semble-t-il, à des choses irréelles,
Mais il est vrai, pourtant, que l’on est plus heureux.

Les bourgeons apparaissent sur ramures et buissons,
Les oiseaux font leurs nids d’amour et de douceur,
Leurs cris et leurs ébats s’ajoutent à la rumeur,
Qui sourde de la Terre et vibre à l’unisson !

Parterres de violettes et narcisses odorantes,
Éclaboussent les champs de gouttes de couleurs,
C’est une symphonie de formes et de couleurs,
La nature renaît, ce prodige m’enchante.

Et il y a dans l’air je ne sais quelle odeur,
Très fugace pourtant, mais que je connais bien,
Faite de senteurs et de touts petits riens,
Aucun mot prononcé pour me parler au cœur,

L’homme près de la terre le sait et le comprend,
Il y a en chacun un regain d’énergie,
Bien plus puissant que tout, c’est le chant de la Vie,
C’est le cri des beaux jours, c’est l’hymne du Printemps…

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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 07 mars 2021 [18:23]

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C’est l’heure où parle le clocher
De choses éternelles,
L’heure où se vont toutes coucher
Les rouges coccinelles,

L’heure où, sur le seuil du Lapin,
Bonnet frondeur, hilare,
Frédé, l’avant-dernier rapin,
Accorde sa guitare,

L’heure où le vent se fait chanson
Quand la chanson s’est tue,
Où la lumière, d’un frisson,
Anime la statue.

C’est l’heure tendre où notre émoi,
Dépouillé d’amertume,
Te voudrait plus toi, chère, et moi
Plus moi que de coutume.

Le fleuve balance un chaland ;
Le noyer, une branche ;
L’air joue, espiègle et nonchalant,
Dans ton écharpe blanche.

Garder l’instant déjà pressé...
L’heure glisse, s’essaime...
Pourquoi faut-il que ce qu’on aime
Ne soit que du passé ?


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 13 mars 2021 [15:10]

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Un matin vous ouvrez la fenêtre
l'air vous semble soudain plus léger
c'est comme un frisson qui vous pénètre
il y a quelque chose de changé
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Tiens! tiens! tiens!
déjà les feuilles poussent
tiens! tiens! tiens
ça sent le romarin
dans les jardins les lilas se trémoussent Image
et les petites pommes ont déjà le pépin
tiens! tiens! tiens!
les chiens lèvent la patte
tiens! tiens ! tiens
les paons font les pantins
on voit les chats se pourlécher pour les chattes
et les escargots galoper à fond de train.

AH! quel douceur
la vie vous semble rose
y'a pas d'erreur
il se passe quelque chose.

Tiens! tiens! tiens!
on joue de la mandoline
tiens! tiens! tiens!
l'air s'emplit de refrains
y'a des chansons sur les lèvres des copines
et des petits boutons sur le nez des copains
tiens! tiens ! tiens!
C'EST LE PRINTEMPS QUI VIENT !!!


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 17 mars 2021 [09:51]

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Quand on aime

La plupart du temps quand on aime
Et qu’on a vingt ans,
Ce n’est jamais pour de l’argent.
Les jeunes filles se disent en rêvant ;
Cela m’est égal s’il a de l’argent.
Ce que je veux, c’est qu’il soit beau et grand,
Avec une bouche, des yeux, des dents,
Et puis le reste, évidemment.
Mais la plupart du temps quand on aime
Et qu’on a vingt ans,
Ce n’est jamais pour de l’argent.

La plupart du temps quand on aime
Et qu’on a trente ans,
Ce n’est pas toujours pour de l’argent.
Mais on y pense, naturellement.
Aux diners dans les restaurants,
Avec Madame, avec ou sans.
Mais la plupart du temps quand on aime
Et qu’on a trente ans,
Ce n’est pas toujours pour de l’argent.

La plupart du temps quand on aime
Et qu’on a quarante cinq ans
Ce n’est pas forcément pour de l’argent.
Mais on se renseigne un peu avant.
Avez-vous un appartement ?
Avec des draps, des p’tits, des grands
Et puis de la vaisselle en argent
Avec ce qu’il faut pour mettre dedans,
Et votre vieil oncle, il va comment ?
Mais la plupart du temps quand on aime
Et qu’on a quarante cinq ans,
Ce n’est pas forcément pour de l’argent.

La plupart du temps quand on aime
Et qu’on a soixante dix ans,
Ce n’est jamais pour de l’argent.
Pourvu que de temps en temps
On ait son petit verre de vin blanc,
Oh ! mon Dieu, c’est bien suffisant.
Et puis, voyez-vous le plus marrant,
Quand on aime et qu’on a soixante dix ans,
C’est tout à fait comme à vingt ans ;
Ce n’est jamais pour bien longtemps.
R.L.
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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 28 mars 2021 [11:01]

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Le ciel est pur, la lune est sans nuage :
Déjà la nuit au *** des fleurs
Verse la perle et l’ambre de ses pleurs ;
Aucun zéphyr n’agite le feuillage.
Sous un berceau, tranquillement assis,
Où le lilas flotte et pend sur ma tête,
Je sens couler mes pensées rafraîchies
Dans les parfums que la nature apprête.
Des bois dont l’ombre, en ces prés blanchissants,
Avec lenteur se dessine et repose,
Deux rossignols, jaloux de leurs accents,
Vont tour à tour réveiller le printemps
Qui sommeillait sous ces touffes de rose.

Mélodieux, solitaire Ségrais,
Jusqu’à mon cœur vous portez votre paix !
Des prés aussi traversant le silence,
J’entends au loin, vers ce riant séjour,
La voix du chien qui gronde et veille autour
De l’humble toit qu’habite l’innocence.
Mais quoi ! déjà, belle nuit, je te perds !
Parmi les cieux à l’aurore entrouverts,
Phébé n’a plus que des clartés mourantes,
Et le zéphyr, en rasant le verger,
De l’orient, avec un bruit léger,
Se vient poser sur ces tiges tremblantes.
F.R.de Chateaubriand
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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 10 avr. 2021 [17:26]

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Le cygne

Sans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes,
Le cygne chasse l’onde avec ses larges palmes,
Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil
A des neiges d’avril qui croulent au soleil ;

Mais, ferme et d’un blanc mat, vibrant sous le zéphire,
Sa grande aile l’entraîne ainsi qu’un lent navire.
Il dresse son beau col au-dessus des roseaux,
Le plonge, le promène allongé sur les eaux,
Le courbe gracieux comme un profil d’acanthe,
Et cache son bec noir dans sa gorge éclatante.

Tantôt le long des pins, séjour d’ombre et de paix,
Il serpente, et laissant les herbages épais
Traîner derrière lui comme une chevelure,
Il va d’une tardive et languissante allure ;

La grotte où le poète écoute ce qu’il sent,
Et la source qui pleure un éternel absent,
Lui plaisent : il y rôde ; une feuille de saule
En silence tombée effleure son épaule ;
Tantôt il pousse au large, et, loin du bois obscur,
Superbe, gouvernant du côté de l’azur,
Il choisit, pour fêter sa blancheur qu’il admire,
La place éblouissante où le soleil se mire.

Puis, quand les bords de l’eau ne se distinguent plus,
A l’heure où toute forme est un spectre confus,
Où l’horizon brunit, rayé d’un long trait rouge,
Alors que pas un jonc, pas un glaïeul ne bouge,
Que les rainettes font dans l’air serein leur bruit
Et que la luciole au clair de lune luit,
L’oiseau, dans le lac sombre, où sous lui se reflète
La splendeur d’une nuit lactée et violette,
Comme un vase d’argent parmi des diamants,
Dort, la tête sous l’aile, entre deux firmaments.
S.Prudhomme




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