Les saisons

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julie11
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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 17 avr. 2020 [10:25]

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Christophe qui s'en est allé dans le paradis blanc !!!!!!!!!!

Il est six heures au clocher de l'église
Dans le square les fleurs poétisent
Une fille va sortir de la mairie
Comme chaque soir je l'attends
Elle me sourit
Il faudrait que je lui parle
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Parler me semble ridicule
Je m'élance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait l'instant fragile
D'une rencontre
D'une rencontre

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je l'appellerai sans la nommer
Je suis peut-être démodé
Le vent d'hiver souffle en avril
J'aime le silence immobile
D'une rencontre
D'une rencontre

Il n'y a plus d'horloge, plus de clocher
Dans le square les arbres sont couchés
Je reviens par le train de nuit
Sur le quai je la vois
Qui me sourit
Il faudra bien qu'elle comprenne
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Toutes les excuses que l'on donne
Sont comme les baisers que l'on vole
Il reste une rancœur subtile
Qui gâcherait l'instant fragile
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Une histoire d'amour sans paroles
N'a plus besoin du protocole
Et tous les longs discours futiles
Terniraient quelque peu le style
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Je lui dirai tous les mots bleus
Tous ceux qui rendent les gens heureux
Tous les mots bleus
Tous les mots bleus

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julie11
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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 22 avr. 2020 [14:24]

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Quand je vais chez la fleuriste
Je n'achèt' que des lilas
Si ma chanson chante triste
C'est que l'amour n'est plus là

Comm' j'étais, en quelque sorte
Amoureux de ces fleurs-là
Je suis entré par la porte
Par la porte des Lilas
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J'suis tombé sur une belle
Qui fleurissait un peu là
J'ai voulu greffer sur elle
Mon amour pour les lilas

J'ai marqué d'une croix blanche
Le jour où l'on s'envola
Accrochés à une branche
Une branche de lilas

Pauvre amour, tiens bon la barre
Le temps va passer par là
Et le temps est un barbare
Dans le genre d'Attila

Aux cœurs où son cheval passe
L'amour ne repousse pas
Aux quatre coins de l'espace
Il fait le désert sous ses pas

Alors, nos amours sont mortes
Envolées dans l'au-delà
Laissant la clé sous la porte
Sous la porte des Lilas

La fauvette des dimanches
Cell' qui me donnait le la
S'est perchée sur d'autres branches
D'autres branches de lilas

Quand je vais chez la fleuriste
Je n'achèt' que des lilas
Si ma chanson chante triste
C'est que l'amour n'est plus là

G.Brassens


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Re: Les saisons

Messagepar smilla » 24 avr. 2020 [15:38]

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Tous les arbres sont en fleurs
Et la forêt a ces couleurs
Que tu aimais.
Les pommiers roses sur fond bleu
Ont le parfum des jours heureux
Rien n'a changé.
Un peu de neige est restée
La neige que tu enlevais
Je m'en souviens.
En m'éveillant je ne voyais
Que le printemps qui grandissait
Dans notre jardin.
Tu riais comme un enfant
Tu ne faisais jamais semblant
Lorsque tu riais,
Quand tes yeux clairs me regardaient
Tu savais lire à travers moi
Chaque pensée.
Tu étais si fort et pourtant
Je te berçais comme un enfant
Quand tu pleurais.
Je t'ai fait mal bien des fois
Pourtant toute ma vie cest toi
Que j'aimerai
Pierre je t'aime
Je n'avais que toi
Mais tu n'es plus qu'une ombre
Qui dort près de moi.
Lorsque je rentrais tard parfois
Tu ne t'endormais pas sans moi
Tu m'attendais,
Tu m'as parlé toute une nuit
De ce que serait notre vie
Si je voulais.
Un soir d'orage avant Noël
Tu m'as dit qu'il faisait soleil
Et j'y croyais
Je me souviens, tu me disais
Qu'on ne se quitterait jamais
Et j'y croyais
Pierre je t'aime
Je n'avais que toi
Et tu n'es plus qu'une ombre
Qui dort près de moi
Pourquoi ces fleurs dans le jardin
Cette nuit bleue illuminée
Par les étoiles?
Je sens que le printemps revient
Mais qu'il ne me sert plus à rien
Qu'à me faire mal.
Malgré tout, malgré le temps
Je te revois rire et courir
A travers champs,
Ce fût mon dernier vrai printemps
Tu t'es endormi pour longtemps
Pour trop longtemps.
Dans un autre monde très loin
Il y a parait-il un jardin
Plus beau qu'ici
Un grand théâtre où mon amour
Joue et continue chaque jour
D'aimer la vie.


Chanson de Nana Mouskouri



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tu sais, je suis pauvre, et mes rêves sont mes seuls biens,
Sous tes pas, j'ai déroulé mes rêves,
Marche doucement, parce que tu marches sur mes rêves.
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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 25 avr. 2020 [11:03]

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C’est un humble fossé perdu sous le feuillage ;
Les aunes du bosquet les couvrent à demi ;
L’insecte, en l’effleurant, trace un léger sillage
Et s’en vient seul rayer le miroir endormi.

Le soir tombe, et c’est l’heure où se fait le miracle,
Transfiguration qui change tout en or ;
Aux yeux charmés tout offre un ravissant spectacle ;
Le modeste fossé brille plus qu’un trésor.

Le ciel éblouissant, tamisé par les branches,
A plongé dans l’eau noire un lumineux rayon ;
Tombant de tous côtés, des étincelles blanches
Entourent un foyer d’or pâle en fusion.

Aux bords, tout est mystère et douceur infinie.
On y voit s’assoupir quelques fleurs aux tons froids,
Et les reflets confus de verdure brunie
Et d’arbres violets qui descendent tout droits.

Dans la lumière, au loin, des touffes d’émeraude
Vous laissent deviner la ligne des champs blonds,
Et le ciel enflammé d’une teinte si chaude,
Et le soleil tombé qui tremble dans les joncs.

Et dans mon âme émue, alors, quand je compare
L’humilité du site à sa sublimité,
Un délire sacré de mon esprit s’empare,
Et j’entrevois la main de la divinité.

Ce n’est rien et c’est tout. En créant la nature
Dieu répandit partout la splendeur de l’effet ;
Aux petits des oiseaux s’il donne la pâture,
Il prodigue le beau, ce suprême bienfait.

Ce n’est rien et c’est tout. En te voyant j’oublie,
Pauvre petit fossé qui me troubles si fort,
Mes angoisses de coeur, mes rêves d’Italie,
Et je me sens meilleur, et je bénis le sort.



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Re: Les saisons

Messagepar smilla » 01 mai 2020 [14:49]

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A quoi jouait-il cet enfant ?
Personne n'en sut jamais rien
On le laissait seul dans un coin
Avec un peu de sable blanc
On remarquait bien, certains jours,
Qu'il arquait les bras tels des ailes
Et qu'il regardait loin, très loin,
Comme du sommet d'une tour.
Mais où s'en allait-il ainsi
Alors qu'on le croyait assis ?
Lui-même le sut-il jamais ?
Dès qu'il refermait les paupières,
Il regagnait le grand palais
D'où il voyait toute la mer.

Maurice Carême


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Sous tes pas, j'ai déroulé mes rêves,

Marche doucement, parce que tu marches sur mes rêves.

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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 03 mai 2020 [10:27]

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Le poète s'en va dans les champs ; il admire,
Il adore ; il écoute en lui-même une lyre ;
Et le voyant venir, les fleurs, toutes les fleurs,
Celles qui des rubis font pâlir les couleurs,
Celles qui des paons même éclipseraient les queues,
Les petites fleurs d'or, les petites fleurs bleues,
Prennent, pour l'accueillir agitant leursbouquets,
De petits airs penchés ou de grands airs coquets,
Et, familièrement, car cela sied aux belles :
- Tiens ! c'est notre amoureux qui passe ! disent-elles.
Et, pleins de jour et d'ombre et de confuses voix,
Les grands arbres profonds qui vivent dans les bois,
Tous ces vieillards, les ifs, les tilleuls, les érables,
Les saules tout ridés, les chênes vénérables,
L'orme au branchage noir, demousse appesanti,
Comme les ulémas quand paraît le muphti,
Lui font de grands saluts et courbent jusqu'à terre
Leurs têtes de feuillée et leurs barbes de lierre,
Contemplent de son front la sereine lueur,
Et murmurent tout bas : C'est lui ! c'est le rêveur !
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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 09 mai 2020 [16:37]

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Les cigales
Lorsque dans l’herbe mûre aucun épi ne bouge,
Qu’à l’ardeur des rayons crépite le froment,
Que le coquelicot tombe languissamment
Sous le faible fardeau de sa corolle rouge,

Tous les oiseaux de l’air ont fait taire leurs chants ;
Les ramiers paresseux, au plus noir des ramures,
Somnolents, dans les bois, ont cessé leurs murmures,
Loin du soleil muet incendiant les champs.

Dans les blés, cependant, d’intrépides cigales
Jetant leurs mille bruits, fanfare de l’été,
Ont frénétiquement et sans trêve agité
Leurs ailes sur l’airain de leurs folles cymbales.

Frémissantes, debout sur les longs épis d’or,
Virtuoses qui vont s’éteindre avant l’automne,
Elles poussaient au ciel leur hymne monotone,
Qui dans l’ombre des nuits retentissait encor.

Et rien n’arrêtera leurs cris intarissables;
Quand on les chassera de l’avoine et des blés,
Elles émigreront sur les buissons brûlés
Qui se meurent de soif dans les déserts de sables.

Sur l’arbuste effeuillé, sur les chardons flétris
Qui laissent s’envoler leur blanche chevelure,
On reverra l’insecte à la forte encolure.
Plein d’ivresse, toujours s’exalter dans ses cris ;

Jusqu’à ce qu’ouvrant l’aile en lambeaux arrachée,
Exaspéré, brûlant d’un feu toujours plus pur,
Son œil de bronze fixe et tendu vers l’azur,
Il expire en chantant sur la tige séchée.

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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 20 mai 2020 [14:12]

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La Forêt
François-René de Chateaubriand

Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !
Prestiges de mon cœur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes vœux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D’autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.

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Re: Les saisons

Messagepar smilla » 30 mai 2020 [18:39]

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Printemps



Regardez les branches
Comme elles sont blanches !
Il neige des fleurs.
Riant dans la pluie,
Le soleil essuie
Les saules en pleurs
Et le ciel reflète,
Dans la violette
Ses pures couleurs...
La mouche ouvre l'aile
Et la demoiselle
Aux prunelles d'or,
Au corset de guêpe
Dépliant son crêpe,
A repris l'essor.
L'eau gaiement babille,
Le goujon frétille
Un printemps encore !

Théophile Gautier


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 14 juin 2020 [09:58]

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Voici juin. Le moineau raille
Dans les champs les amoureux ;
Le rossignol de muraille
Chante dans son nid pierreux.

Les herbes et les branchages,
Pleins de soupirs et d'abois,
Font de charmants rabâchages
Dans la profondeur des bois.

La grive et la tourterelle
Prolongent, dans les nids sourds,
La ravissante querelle
Des baisers et des amours.

Sous les treilles de la plaine,
Dans l'antre où verdit l'osier,
Virgile enivre Silène,
Et Rabelais Grandgousier.

O Virgile, verse à boire !
Verse à boire, ô Rabelais !
La forêt est une gloire ;
La caverne est un palais !

Il n'est pas de lac ni d'île
Qui ne nous prenne au gluau,
Qui n'improvise une idylle,
Ou qui ne chante un duo.

Car l'amour chasse aux bocages,
Et l'amour pêche aux ruisseaux,
Car les belles sont les cages
Dont nos coeurs sont les oiseaux.

De la source, sa cuvette,
La fleur, faisant son miroir,
Dit: -Bonjour,- à la fauvette,
Et dit au hibou: -Bonsoir.-

Le toit espère la gerbe,
Pain d'abord et chaume après ;
La croupe du boeuf dans l'herbe
Semble un mont dans les forêts.

L'étang rit à la macreuse,
Le pré rit au loriot,
Pendant que l'ornière creuse
Gronde le lourd chariot.

L'or fleurit en giroflée;
L'ancien zéphir fabuleux
Souffle avec sa joue enflée
Au fond des nuages bleus.

Jersey, sur l'onde docile,
Se drape d'un beau ciel pur,
Et prend des airs de Sicile
Dans un grand haillon d'azur.

Partout l'églogue est écrite :
Même en la froide Albion,
L'air est plein de Théocrite,
Le vent sait par coeur Bion,

Et redit, mélancolique,
La chanson que fredonna
Moschus, grillon bucolique
De la cheminée Etna.

L'hiver tousse, vieux phtisique,
Et s'en va; la brume fond ;
Les vagues font la musique
Des vers que les arbres font.

Toute la nature sombre
Verse un mystérieux jour ;
L'âme qui rêve a plus d'ombre
Et la fleur a plus d'amour.

L'herbe éclate en pâquerettes ;
Les parfums, qu'on croit muets,
Content les peines secrètes
Des liserons aux bleuets.

Les petites ailes blanches
Sur les eaux et les sillons
S'abattent en avalanches ;
Il neige des papillons.

Et sur la mer, qui reflète
L'aube au sourire d'émail,
La bruyère violette
Met au vieux mont un camail ;

Afin qu'il puisse, à l'abîme
Qu'il contient et qu'il bénit,
Dire sa messe sublime
sous sa mitre de granit

V.H.


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 20 juin 2020 [11:24]

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Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J’étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire: ‘ Après ? ‘

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J’allais ; j’écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l’air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d’un air ingénu,
Son petit pied dans l’eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu’elle était belle
Qu’en sortant des grands bois sourds.
‘ Soit ; n’y pensons plus ! ‘ ditelle.
Depuis, j’y pense toujours.
V.H.
Les contemplations


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 05 juil. 2020 [16:04]

:nl043: :nl043: :nl043: :nl043: :nl043: :nl043: :nl043: :nl043:

L'église,

Le porche était fait de deux branches
d'une broussaille et d'un buisson,
la voussure, toute en pervenches
était signée : avril, maçon.

Dans cette vive architecture
ravissante aux yeux attendris
on sentait l'art de la nature
on comprenait que la perdrix,

que l'alouette et que la grive,
avaient donné de bons avis
sur la courbure de l'ogive
et que Dieu les avait suivis.

Une haute rose trémière
dressait sur le toit de chardons
ses cloches pleines de lumières
où carillonnaient les bourdons.

Cette flèche gardait l'entrée,
derrière, on voyait s'ébaucher
une digitale pourprée
le clocheton près du clocher.

Seul sous un e pierre, un cloporte
songeait, comme Jean à Pathmos ;
Un lys s'ouvrait près de la porte
et tenait les fonts baptismaux.

Au centre où ma mousse s'amasse,
l'autel, un caillou rayonnait,
lamé d'argent par la limace
et brodé d'or par le genêt.

:anem: :anem: :anem: :anem: :anem: :anem: :anem: :anem:

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Re: Les saisons

Messagepar smilla » 09 juil. 2020 [13:08]

:kikou: :kikou: :kikou: :kikou: :kikou:


Le petit enfant Amour
Cueillait des fleurs à l'entour
D'une ruche , où les avettes
Font leurs petites logettes.

Comme il les allait cueillant,
Une avette sommeillant
Dans le fond d'une fleurette,
Lui piqua la main douillette.

Si tôt que piqué se vit,
Ah! je suis perdu, se dit;
Et, s'en courant vers sa mère,
Lui montra sa plaie amère:

"Ma mère, voyez ma main"
Se disait Amour tout plein
De pleurs," voyez quelle enflure
M'a fait une égratignure!"

Alors Vénus se sourit,
Et en le baisant le prit,
Puis sa main lui a soufflée
Pour guérir sa plaie enflée.

"Qui t'a, dis-moi, faux garçon,
Blessé de telle façon?
Sont-ce mes Grâces riantes,
De leurs aiguilles poignantes?"

-" Nenni, c'est un serpenteau,
Qui vole au printemps nouveau
Avec deux ailerettes
Çà et là sur les fleurettes."

-"Ah! vraiment, je le connois,
Dit Vénus; les villageois
De la montagne d'Hymette
Le surnomment Mélisette.

Si donc un animal
Si petit fait tant de mal,
Quand son allène époinçonne
La main de quelque personne,

Combien fais-tu de douleur
Au prix de lui, dans le cœur
De celui en qui tu jettes
Tes amoureuses sagettes?"


Ronsard

:rose: :anem: :souci: :rose: :anem: :souci: :rose: :anem: :souci: :rose: :anem: :souci:
tu sais, je suis pauvre, et mes rêves sont mes seuls biens,

Sous tes pas, j'ai déroulé mes rêves,

Marche doucement, parce que tu marches sur mes rêves.

WB Yeats

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Re: Les saisons

Messagepar smilla » 21 juil. 2020 [09:56]

Les souris de Montélimar


Quand on vit à Montélimar,
Pourquoi s’en aller autre part ?

Pour faire honneur au saucisson
On pourrait filer jusqu’à Lyon.

La capitale du gruyère
N’est pas très loin de la frontière.

L’Italie offrirait aussi
Ses nouilles, son macaroni.

Mais quand on vit sous l’étendard
Du nougat à Montélimar,

Pourquoi quitter le paradis ?
Restons-y, mes sœurs, restons-y.

Pierre Menanteau.



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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 30 juil. 2020 [18:49]

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Un ciel insignifiant, sans forme ni couleur,
S’étale chaudement sur les toits de la ville ;
Je sens se dégager de ses vapeurs fébriles
Un charme artificiel et des rêves trompeurs.

J’étouffe sous le poids des tourments de l’été,
Je m’ennuie au milieu de la foule bruyante,
Je maudis le soleil, la lumière aveuglante,
L’agitation, le monde et les festivités.

Je ne supporte plus ce jour de canicule
Et tandis que s’amorce un banal crépuscule
Mélancoliquement je pense et je revois

Le sentier sinueux qui, à travers les ronces,
S’aventure se perd et doucement s’enfonce
Dans la pénombre humide et fraîche des sous-bois

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