Les saisons

Avatar de l’utilisateur
julie11
Membre Mega Génial
Membre Mega Génial
Messages : 1344
Inscription : 23 févr. 2006 [14:10]
Localisation : des côteaux et des vergers

Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 17 avr. 2020 [10:25]

Image Image


Christophe qui s'en est allé dans le paradis blanc !!!!!!!!!!

Il est six heures au clocher de l'église
Dans le square les fleurs poétisent
Une fille va sortir de la mairie
Comme chaque soir je l'attends
Elle me sourit
Il faudrait que je lui parle
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Parler me semble ridicule
Je m'élance et puis je recule
Devant une phrase inutile
Qui briserait l'instant fragile
D'une rencontre
D'une rencontre

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Je l'appellerai sans la nommer
Je suis peut-être démodé
Le vent d'hiver souffle en avril
J'aime le silence immobile
D'une rencontre
D'une rencontre

Il n'y a plus d'horloge, plus de clocher
Dans le square les arbres sont couchés
Je reviens par le train de nuit
Sur le quai je la vois
Qui me sourit
Il faudra bien qu'elle comprenne
A tout prix

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Toutes les excuses que l'on donne
Sont comme les baisers que l'on vole
Il reste une rancœur subtile
Qui gâcherait l'instant fragile
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Ceux qui rendent les gens heureux
Une histoire d'amour sans paroles
N'a plus besoin du protocole
Et tous les longs discours futiles
Terniraient quelque peu le style
De nos retrouvailles
De nos retrouvailles

Je lui dirai les mots bleus
Les mots qu'on dit avec les yeux
Je lui dirai tous les mots bleus
Tous ceux qui rendent les gens heureux
Tous les mots bleus
Tous les mots bleus

Image

Avatar de l’utilisateur
julie11
Membre Mega Génial
Membre Mega Génial
Messages : 1344
Inscription : 23 févr. 2006 [14:10]
Localisation : des côteaux et des vergers

Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 22 avr. 2020 [14:24]

Image Image



Quand je vais chez la fleuriste
Je n'achèt' que des lilas
Si ma chanson chante triste
C'est que l'amour n'est plus là

Comm' j'étais, en quelque sorte
Amoureux de ces fleurs-là
Je suis entré par la porte
Par la porte des Lilas
Image
J'suis tombé sur une belle
Qui fleurissait un peu là
J'ai voulu greffer sur elle
Mon amour pour les lilas

J'ai marqué d'une croix blanche
Le jour où l'on s'envola
Accrochés à une branche
Une branche de lilas

Pauvre amour, tiens bon la barre
Le temps va passer par là
Et le temps est un barbare
Dans le genre d'Attila

Aux cœurs où son cheval passe
L'amour ne repousse pas
Aux quatre coins de l'espace
Il fait le désert sous ses pas

Alors, nos amours sont mortes
Envolées dans l'au-delà
Laissant la clé sous la porte
Sous la porte des Lilas

La fauvette des dimanches
Cell' qui me donnait le la
S'est perchée sur d'autres branches
D'autres branches de lilas

Quand je vais chez la fleuriste
Je n'achèt' que des lilas
Si ma chanson chante triste
C'est que l'amour n'est plus là

G.Brassens


Image

Avatar de l’utilisateur
smilla
Membre Mega Génial
Membre Mega Génial
Messages : 2255
Inscription : 10 mars 2013 [13:31]

Re: Les saisons

Messagepar smilla » 24 avr. 2020 [15:38]

Image



Tous les arbres sont en fleurs
Et la forêt a ces couleurs
Que tu aimais.
Les pommiers roses sur fond bleu
Ont le parfum des jours heureux
Rien n'a changé.
Un peu de neige est restée
La neige que tu enlevais
Je m'en souviens.
En m'éveillant je ne voyais
Que le printemps qui grandissait
Dans notre jardin.
Tu riais comme un enfant
Tu ne faisais jamais semblant
Lorsque tu riais,
Quand tes yeux clairs me regardaient
Tu savais lire à travers moi
Chaque pensée.
Tu étais si fort et pourtant
Je te berçais comme un enfant
Quand tu pleurais.
Je t'ai fait mal bien des fois
Pourtant toute ma vie cest toi
Que j'aimerai
Pierre je t'aime
Je n'avais que toi
Mais tu n'es plus qu'une ombre
Qui dort près de moi.
Lorsque je rentrais tard parfois
Tu ne t'endormais pas sans moi
Tu m'attendais,
Tu m'as parlé toute une nuit
De ce que serait notre vie
Si je voulais.
Un soir d'orage avant Noël
Tu m'as dit qu'il faisait soleil
Et j'y croyais
Je me souviens, tu me disais
Qu'on ne se quitterait jamais
Et j'y croyais
Pierre je t'aime
Je n'avais que toi
Et tu n'es plus qu'une ombre
Qui dort près de moi
Pourquoi ces fleurs dans le jardin
Cette nuit bleue illuminée
Par les étoiles?
Je sens que le printemps revient
Mais qu'il ne me sert plus à rien
Qu'à me faire mal.
Malgré tout, malgré le temps
Je te revois rire et courir
A travers champs,
Ce fût mon dernier vrai printemps
Tu t'es endormi pour longtemps
Pour trop longtemps.
Dans un autre monde très loin
Il y a parait-il un jardin
Plus beau qu'ici
Un grand théâtre où mon amour
Joue et continue chaque jour
D'aimer la vie.


Chanson de Nana Mouskouri



Image
tu sais, je suis pauvre, et mes rêves sont mes seuls biens,
Sous tes pas, j'ai déroulé mes rêves,
Marche doucement, parce que tu marches sur mes rêves.
WB Yeats

Avatar de l’utilisateur
julie11
Membre Mega Génial
Membre Mega Génial
Messages : 1344
Inscription : 23 févr. 2006 [14:10]
Localisation : des côteaux et des vergers

Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 25 avr. 2020 [11:03]

Image Image Image



C’est un humble fossé perdu sous le feuillage ;
Les aunes du bosquet les couvrent à demi ;
L’insecte, en l’effleurant, trace un léger sillage
Et s’en vient seul rayer le miroir endormi.

Le soir tombe, et c’est l’heure où se fait le miracle,
Transfiguration qui change tout en or ;
Aux yeux charmés tout offre un ravissant spectacle ;
Le modeste fossé brille plus qu’un trésor.

Le ciel éblouissant, tamisé par les branches,
A plongé dans l’eau noire un lumineux rayon ;
Tombant de tous côtés, des étincelles blanches
Entourent un foyer d’or pâle en fusion.

Aux bords, tout est mystère et douceur infinie.
On y voit s’assoupir quelques fleurs aux tons froids,
Et les reflets confus de verdure brunie
Et d’arbres violets qui descendent tout droits.

Dans la lumière, au loin, des touffes d’émeraude
Vous laissent deviner la ligne des champs blonds,
Et le ciel enflammé d’une teinte si chaude,
Et le soleil tombé qui tremble dans les joncs.

Et dans mon âme émue, alors, quand je compare
L’humilité du site à sa sublimité,
Un délire sacré de mon esprit s’empare,
Et j’entrevois la main de la divinité.

Ce n’est rien et c’est tout. En créant la nature
Dieu répandit partout la splendeur de l’effet ;
Aux petits des oiseaux s’il donne la pâture,
Il prodigue le beau, ce suprême bienfait.

Ce n’est rien et c’est tout. En te voyant j’oublie,
Pauvre petit fossé qui me troubles si fort,
Mes angoisses de coeur, mes rêves d’Italie,
Et je me sens meilleur, et je bénis le sort.



Image Image Image

Avatar de l’utilisateur
smilla
Membre Mega Génial
Membre Mega Génial
Messages : 2255
Inscription : 10 mars 2013 [13:31]

Re: Les saisons

Messagepar smilla » 01 mai 2020 [14:49]

Image


A quoi jouait-il cet enfant ?
Personne n'en sut jamais rien
On le laissait seul dans un coin
Avec un peu de sable blanc
On remarquait bien, certains jours,
Qu'il arquait les bras tels des ailes
Et qu'il regardait loin, très loin,
Comme du sommet d'une tour.
Mais où s'en allait-il ainsi
Alors qu'on le croyait assis ?
Lui-même le sut-il jamais ?
Dès qu'il refermait les paupières,
Il regagnait le grand palais
D'où il voyait toute la mer.

Maurice Carême


Image
tu sais, je suis pauvre, et mes rêves sont mes seuls biens,

Sous tes pas, j'ai déroulé mes rêves,

Marche doucement, parce que tu marches sur mes rêves.

WB Yeats

Avatar de l’utilisateur
julie11
Membre Mega Génial
Membre Mega Génial
Messages : 1344
Inscription : 23 févr. 2006 [14:10]
Localisation : des côteaux et des vergers

Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 03 mai 2020 [10:27]

Image Image

Image
Le poète s'en va dans les champs ; il admire,
Il adore ; il écoute en lui-même une lyre ;
Et le voyant venir, les fleurs, toutes les fleurs,
Celles qui des rubis font pâlir les couleurs,
Celles qui des paons même éclipseraient les queues,
Les petites fleurs d'or, les petites fleurs bleues,
Prennent, pour l'accueillir agitant leursbouquets,
De petits airs penchés ou de grands airs coquets,
Et, familièrement, car cela sied aux belles :
- Tiens ! c'est notre amoureux qui passe ! disent-elles.
Et, pleins de jour et d'ombre et de confuses voix,
Les grands arbres profonds qui vivent dans les bois,
Tous ces vieillards, les ifs, les tilleuls, les érables,
Les saules tout ridés, les chênes vénérables,
L'orme au branchage noir, demousse appesanti,
Comme les ulémas quand paraît le muphti,
Lui font de grands saluts et courbent jusqu'à terre
Leurs têtes de feuillée et leurs barbes de lierre,
Contemplent de son front la sereine lueur,
Et murmurent tout bas : C'est lui ! c'est le rêveur !
Image Image


Image

Avatar de l’utilisateur
julie11
Membre Mega Génial
Membre Mega Génial
Messages : 1344
Inscription : 23 févr. 2006 [14:10]
Localisation : des côteaux et des vergers

Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 09 mai 2020 [16:37]

Image Image


Les cigales
Lorsque dans l’herbe mûre aucun épi ne bouge,
Qu’à l’ardeur des rayons crépite le froment,
Que le coquelicot tombe languissamment
Sous le faible fardeau de sa corolle rouge,

Tous les oiseaux de l’air ont fait taire leurs chants ;
Les ramiers paresseux, au plus noir des ramures,
Somnolents, dans les bois, ont cessé leurs murmures,
Loin du soleil muet incendiant les champs.

Dans les blés, cependant, d’intrépides cigales
Jetant leurs mille bruits, fanfare de l’été,
Ont frénétiquement et sans trêve agité
Leurs ailes sur l’airain de leurs folles cymbales.

Frémissantes, debout sur les longs épis d’or,
Virtuoses qui vont s’éteindre avant l’automne,
Elles poussaient au ciel leur hymne monotone,
Qui dans l’ombre des nuits retentissait encor.

Et rien n’arrêtera leurs cris intarissables;
Quand on les chassera de l’avoine et des blés,
Elles émigreront sur les buissons brûlés
Qui se meurent de soif dans les déserts de sables.

Sur l’arbuste effeuillé, sur les chardons flétris
Qui laissent s’envoler leur blanche chevelure,
On reverra l’insecte à la forte encolure.
Plein d’ivresse, toujours s’exalter dans ses cris ;

Jusqu’à ce qu’ouvrant l’aile en lambeaux arrachée,
Exaspéré, brûlant d’un feu toujours plus pur,
Son œil de bronze fixe et tendu vers l’azur,
Il expire en chantant sur la tige séchée.

Image Image Image Image

Avatar de l’utilisateur
julie11
Membre Mega Génial
Membre Mega Génial
Messages : 1344
Inscription : 23 févr. 2006 [14:10]
Localisation : des côteaux et des vergers

Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 20 mai 2020 [14:12]

Image Image




La Forêt
François-René de Chateaubriand

Forêt silencieuse, aimable solitude,
Que j’aime à parcourir votre ombrage ignoré !
Dans vos sombres détours, en rêvant égaré,
J’éprouve un sentiment libre d’inquiétude !
Prestiges de mon cœur ! je crois voir s’exhaler
Des arbres, des gazons une douce tristesse :
Cette onde que j’entends murmure avec mollesse,
Et dans le fond des bois semble encor m’appeler.
Oh ! que ne puis-je, heureux, passer ma vie entière
Ici, loin des humains !… Au bruit de ces ruisseaux,
Sur un tapis de fleurs, sur l’herbe printanière,
Qu’ignoré je sommeille à l’ombre des ormeaux !
Tout parle, tout me plaît sous ces voûtes tranquilles ;
Ces genêts, ornements d’un sauvage réduit,
Ce chèvrefeuille atteint d’un vent léger qui fuit,
Balancent tour à tour leurs guirlandes mobiles.
Forêts, dans vos abris gardez mes vœux offerts !
A quel amant jamais serez-vous aussi chères ?
D’autres vous rediront des amours étrangères ;
Moi de vos charmes seuls j’entretiens les déserts.

Image Image


Revenir vers « Coin lecture : Livres, bouquins, romans, littérature, poésies... « »

Autres discussions