Les saisons

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julie11
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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 11 juin 2019 [16:34]

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le complexe de la truite


Elle était jeune fille

Sortait tout droit de son couvent

Innocente et gentille

Qui n'avait pas seize ans

Le jeudi, jour de visite,

Elle venait chez ma mère

Et elle nous jouait la Truite

La Truite de Schubert



Un soir de grand orage

Elle dut coucher à la maison

Or malgré son jeune âge

Elle avait de l'obstination

Et pendant trois heures de suite

Au milieu des éclairs

Elle nous a joué la Truite

La Truite de Schubert



On lui donna ma chambre

Moi je couchai dans le salon

Mais je crus bien comprendre

Que ça ne serait pas long

En effet elle revint bien vite

Pieds nus, dans les courants d'air

Pour me chanter la Truite

La Truite de Schubert



Ce fut un beau solfège

Pizzicattis coquins

Accords, trémolos et arpèges

Fantaisie à quatre mains

Mais à l'instant tout s'agite

Sous l'ardent aiguillon de la chair

Elle, elle fredonnait la Truite

La Truite de Schubert



Je lui dis: Gabrielle

Voyons, comprenez mon émoi

Il faut être fidèle

Ce sera Schubert ou moi

C'est alors que je compris bien vite

En lisant dans ses yeux pervers

Qu'elle me réclamait la suite

La suite du concert



Six mois après l'orage

Nous fûmes dans une situation

Telle que le mariage

Était la seule solution

Mais avec un air insolite

Au lieu de dire oui au maire

Elle lui a chanté la Truite

La Truite de Schubert



C'est fou ce que nous fîmes

Contre cette obsession

On mit Gabrielle au régime

Lui supprimant le poisson

Mais par une journée maudite

Dans le vent, l'orage et les éclairs

Elle mit au monde une truite

Qu'elle baptisa Schubert.



A présent je vis seul

Tout seul dans ma demeure

Gabrielle est partie et n'a plus sa raison

Dans sa chambre au Touquet elle reste des heures

Auprès d'un grand bocal où frétille un poisson

Et moi j'ai dit à Marguerite

Qui est ma vieille cuisinière

Ne me faites plus jamais de truite

Ça me donne de l'urticaire.

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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 28 juin 2019 [15:06]

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Midi, Roi des étés, épandu sur la plaine,
Tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu.
Tout se tait. L'air flamboie et brûle sans haleine ;
La Terre est assoupie en sa robe de feu.

L'étendue est immense, et les champs n'ont point d'ombre,
Et la source est tarie où buvaient les troupeaux ;
La lointaine forêt, dont la lisière est sombre,
Dort là-bas, immobile, en un pesant repos.

Seuls, les grands blés mûris, tels qu'une mer dorée,
Se déroulent au loin, dédaigneux du sommeil ;
Pacifiques enfants de la Terre sacrée,
Ils épuisent sans peur la coupe du Soleil.

Parfois, comme un soupir de leur âme brûlante,
Du sein des épis lourds qui murmurent entre eux,
Une ondulation majestueuse et lente
S'éveille, et va mourir à l'horizon poudreux.

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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 15 juil. 2019 [21:32]

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Far-niente

Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.
Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
Le puceron qui grimpe et se pend au brin d’herbe,
La chenille traînant ses anneaux veloutés,
La limace baveuse aux sillons argentés,
Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
Ensuite je regarde, amusement frivole,
La lumière brisant dans chacun de mes cils,
Palissade opposée à ses rayons subtils,
Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.
T. Gautier

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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 03 août 2019 [07:11]

:rose: :rose: :rose: :rose: :rose: :rose: :rose: :rose: :rose:

Mois d'août
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Par les branches désordonnées
Le coin d'étang est abrité,
Et là poussent en liberté
Campanules et graminées.

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Caché par le tronc d'un sapin,
J'y vais voir, quand midi flamboie,
Les petits oiseaux, pleins de joie,
Se livrer au plaisir du bain.

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Aussi vifs que des étincelles,
Ils sautillent de l'onde au sol,
Et l'eau, quand ils prennent leur vol,
Tombe en diamants de leurs ailes.

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Mais mon cœur, lassé de souffrir,
En les admirant les envie,
Eux qui ne savent de la vie
Que chanter, aimer et mourir !


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 17 août 2019 [10:59]

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La pluie

Ce nuage est bien noir : – sur le ciel il se roule,
Comme sur les galets de la côte une houle.
L’ouragan l’éperonne, il s’avance à grands pas.
– A le voir ainsi fait, on dirait, n’est-ce pas ?
Un beau cheval arabe, à la crinière brune,
Qui court et fait voler les sables de la dune.

Je crois qu’il va pleuvoir : – la bise ouvre ses flancs,
Et par la déchirure il sort des éclairs blancs.
Rentrons. – Au bord des toits la frêle girouette
D’une minute à l’autre en grinçant pirouette,
Le martinet, sentant l’orage, près du sol
Afin de l’éviter rabat son léger vol ;

– Des arbres du jardin les cimes tremblent toutes.
La pluie ! – Oh ! voyez donc comme les larges gouttes
Glissent de feuille en feuille et passent à travers
La tonnelle fleurie et les frais arceaux verts !
Des marches du perron en longues cascatelles,
Voyez comme l’eau tombe, et de blanches dentelles
Borde les frontons gris !

– Dans les chemins sablés,
Les ruisseaux en torrents subitement gonflés
Avec leurs flots boueux mêlés de coquillages
Entraînent sans pitié les fleurs et les feuillages ;
Tout est perdu : – Jasmins aux pétales nacrés,
Belles-de-nuit fuyant l’astre aux rayons dorés,
Volubilis chargés de cloches et de vrilles,
Roses de tous pays et de toutes famines,
Douces filles de Juin, frais et riant trésor !

La mouche que l’orage arrête en son essor,
Le faucheux aux longs pieds et la fourmi se noient
Dans cet autre océan dont les vagues tournoient.
– Que faire de soi-même et du temps, quand il pleut
Comme pour un nouveau déluge, et qu’on ne peut
Aller voir ses amis et qu’il faut qu’on demeure ?
Les uns prennent un livre en main afin que l’heure
Hâte son pas boiteux, et dans l’éternité
Plonge sans peser trop sur leur oisiveté ;
Les autres gravement font de la politique,
Sur l’ouvrage du jour exercent leur critique ;
Ceux-ci causent entre eux de chiens et de chevaux,
De femmes à la mode et d’opéras nouveaux ;
Ceux-là du coin de l’oeil se mirent dans la glace,
Débitent des fadeurs, des bons mots à la glace,
Ou, du binocle armés, regardent un tableau.

– Moi, j’écoute le son de l’eau tombant dans l’eau.
T.Gautier




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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 25 août 2019 [09:37]

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Les poétes
Ce sont de drôl's de typ's qui vivent de leur plume
Ou qui ne vivent pas c'est selon la saison
Ce sont de drôl's de typ's qui traversent la brume
Avec des pas d'oiseaux sous l'aile des chansons

Leur âme est en carafe sous les ponts de la Seine
Leurs sous dans les bouquins qu'ils n'ont jamais vendus
Leur femm' est quelque part au bout d'une rengaine
Qui nous parle d'amour et de fruit défendu

Ils mettent des couleurs sur le gris des pavés
Quand ils marchent dessus ils se croient sur la mer
Ils mettent des rubans autour de l'alphabet
Et sortent dans la rue leurs mots pour prendre l'air

Ils ont des chiens parfois compagnons de misère
Et qui lèchent leurs mains de plume et d'amitié
Avec dans le museau la fidèle lumière
Qui les conduit vers les pays d'absurdité

Ce sont de drôl's de typ's qui regardent les fleurs
Et qui voient dans leurs plis des sourires de femme
Ce sont de drôl's de typ's qui chantent le malheur
Sur les pianos du coeur et les violons de l'âme

Chanson de Léo Ferré


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 06 sept. 2019 [16:18]

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Les Soleils de Septembre


Sous ces rayons cléments des soleils de septembre
Le ciel est doux, mais pâle, et la terre jaunit.
Dans les forêts la feuille a la couleur de l’ambre ;
L’oiseau ne chante plus sur le bord de son nid.

Du toit des laboureurs ont fui les hirondelles ;
La faucille a passé sur l’épi d’or des blés ;
On n’entend plus dans l’air des frémissements d’ailes :
Le merle siffle seul au fond des bois troublés.

La mousse est sans parfum, les herbes sans mollesse ;
Le jonc sur les étangs se penche soucieux ;
Le soleil, qui pâlit, d’une tiède tristesse
Emplit au loin la plaine et les monts et les cieux.

Les jours s’abrègent ; l’eau qui court dans la vallée
N’a plus ces joyeux bruits qui réjouissaient l’air :
Il semble que la terre, et frileuse et voilée,
Dans ses premiers frissons sente arriver l’hiver.

Ô changeantes saisons ! ô lois inexorables !
De quel deuil la nature, hélas ! va se couvrir !
Soleils des mois heureux, printemps irréparables,
Adieu ! ruisseaux et fleurs vont se taire et mourir.

Mais console-toi, terre ! ô Nature ! ô Cybèle !
L’hiver est un sommeil et n’est point le trépas :
Les printemps reviendront te faire verte et belle ;
L’homme vieillit et meurt, toi, tu ne vieillis pas !

Tu rendras aux ruisseaux, muets par la froidure,
Sous les arceaux feuillus leurs murmures chanteurs ;
Aux oiseaux tu rendras leurs nids dans la verdure ;
Aux lilas du vallon tu rendras ses senteurs.

Ah ! des germes captifs quand tu fondras les chaînes,
Quand, de la sève à flots épanchant la liqueur,
Tu feras refleurir les roses et les chênes,
Ô Nature ! avec eux fais refleurir mon cœur !

Rends à mon sein tari les poétiques sèves,
Verse en moi les chaleurs dont l’âme se nourrit,
Fais éclore à mon front les gerbes de mes rêves,
Couvre mes rameaux nus des fleurs de mon esprit.

Sans l’ivresse des chants, ma haute et chère ivresse,
Sans le bonheur d’aimer, que m’importent les jours !
Ô soleils! ô printemps ! je ne veux la jeunesse
Que pour toujours chanter, que pour aimer toujours !

Lacaussade A.


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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 08 sept. 2019 [17:00]

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Voici que la saison décline
Victor Hugo

Voici que la saison décline,
L’ombre grandit, l’azur décroît,
Le vent fraîchit sur la colline,
L’oiseau frissonne, l’herbe a froid.

Août contre septembre lutte ;
L’océan n’a plus d’alcyon ;
Chaque jour perd une minute,
Chaque aurore pleure un rayon.

La mouche, comme prise au piège,
Est immobile à mon plafond ;
Et comme un blanc flocon de neige,
Petit à petit, l’été fond.

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Re: Les saisons

Messagepar julie11 » 15 sept. 2019 [09:49]

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C'est le retour des saisons,
La joie dans la maison
C'est la vie qui recommence.
Le printemps et l'été,
L'automne ou bien l'hiver
Ne viennent que pour prouver
Comment tourne la terre.
C'est le retour de la pluie,
Du feu de bois dans la nuit,
C'est l'automne
Qui frissonne.
Un beau livre, du vin chaud
Et la tièdeur du lit
C'est l'automne, chérie,
La saison de la vie.

C'est le retour de l'hiver,
Tiens, le ciel s'est couvert
Et la neige qui recommence
Chante Noël dans mon coeur,
Chante le Divin Enfant.
Noël des jours meilleurs,
Enfant d'ma petite enfance...
C'est le retour des cadeaux,
Les vitrines s'allument tôt
Et pour ceux qui ont de la chance,
Y'a des soirées en fracs.
Moi, je patine sur le lac.
C'est l'hiver, chérie,
La saison de la vie.

C'est le retour du printemps.
C'est le temps épatant
De ces folles hirondelles
Qui rappliquent du Brésil
Après six mois d'exil.
C'est la fleur qui s'ent'ouvre
Et l'amour qui pénètre.
C'est, en ouvrant ma fenêtre,
L'horizon plus champêtre
Que les jardins du Louvre.
"Bonjour Mam'zelle Laplante !"
- Bonjour, je suis bien contente !
C'est le printemps, chérie,
La saison de la vie.

C'est le retour de l'été,
C'est la route enchantée,
Vers la plage qui fourmille
De corps bruns et blonds,
Excitantes nudités !
De bains froids pris d'un bond
Dans l'eau bleue qui pétille.
C'est le retour du bonheur
Et c'est là dans mon coeur
Une joie qui brille
Car ce soir, mes amis,
C'est vous tous, toi Paris,
Mon pays joli,
La saison de ma vie.
chanson de Trenet


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